Jours de l'art - (Re)-Voir le monde : 200 ans de collaboration entre art, archéologie et photographie.
Désormais inscrits comme un rendez-vous régulier et attendu de l’Institut catholique de Paris, les Jours de l’art entament leur seizième édition. Ce cycle de conférences en histoire de l’art, gratuit et ouvert à tous, se déploie sur les deux semestres de l’année universitaire 2026-2027 (entre septembre et avril). Dans le cadre des cursus de licence et de master de la Faculté des Lettres, il propose des rencontres régulières qui apportent un complément aux enseignements généraux en abordant des sujets spécifiques, et créent un lieu d’échanges interdisciplinaires entre étudiants, enseignants et public extérieur.
Pour cette nouvelle édition, nous souhaitons célébrer le bicentenaire de la naissance de la photographie (avec la labellisation du ministère de la Culture) en revenant sur la manière dont elle a fait – et continue de faire – évoluer le regard et la compréhension du sensible depuis 1826. Plus précisément, avec l’intitulé « (Re)-Voir le monde : 200 ans de collaboration entre art, archéologie et photographie », nous voulons nous concentrer sur le bouleversement, aussi progressif que radical, que l’image photographique a imposé dans notre rapport aux œuvres et aux vestiges, dans la constitution de notre savoir et de notre mémoire collective. Ce dialogue entre création, science et technique peut être envisagé sous de nombreux angles, à commencer par celui de l’appropriation par les artistes, qu’elle soit outil ou réalisation, objet esthétique à part entière ou simple substitut documentaire. Par sa matérialité et ses qualités de vraisemblance, la photographie modifie la représentation du réel, notre perception du temps et notre saisie de l’espace, notre appréhension de l’altérité et de l’individualité.
D’une manière plus globale, l’invention de la photographie marque un tournant majeur dans l’observation du monde : son usage préparé pour documenter les événements et les découvertes a permis d’archiver le monde, d’en enregistrer les particularités, constituant ainsi les premières archives visuelles indispensables à la transmission des savoirs. Concomitante de la naissance et du développement du concept de patrimoine, elle s’est imposée comme essentielle dans la prise en compte des monuments du passé autant que de leur réalité contemporaine. Les figures de l’explorateur-photographe ou de l’archéologue-photographe, dont Maxime Du Camp (1822-1894) devient un parangon, témoignent de ces nouvelles préoccupations. La photographie ne se contente pas de recenser, elle impose un cadrage, une ombre portée, une échelle humaine, transformant le vestige en objet d’études autant qu’icône visuelle destinée à un regard européen. Elle devient également un moyen d’enregistrer l’histoire en marche, offrant aux générations présentes et futures les traces d’événements éphémères à contempler, étudier et confronter.
Au-delà de ces considérations, le cycle veut ainsi interroger la contribution directe de la photographie dans le développement de l’histoire de l’art et de l’archéologie moderne. Elle permet de renouveler les méthodes et de transformer le regard sur les œuvres par le choix d’un point de vue, opérant une médiation nécessaire entre l’observation scientifique et l’interprétation. Se pose également la question de la circulation des images, autant pour les chefs-d’œuvre incontournables que pour les sites inaccessibles ou disparus. La photographie joue un rôle moteur dans la diffusion du patrimoine, agissant comme un récit visuel entre passé et présent, au cœur d’enjeux culturels, politiques et idéologiques.
Enfin, l’avènement récent des technologies numériques et de l’intelligence artificielle amène à reconsidérer l’apport de la photographie, que ce soit dans la théorie ou dans la pratique de l’histoire de l’art et de l’archéologie. La création comme la documentation semblent, par moment, pouvoir se réduire à des calculs informatiques ou des reconstitutions virtuelles. Il convient ainsi s’interroger sur l’emploi de ces technologies dans la création photographique, sur la valeur éthique de ces remplois et finalement l’usage déontologique que l’on pourrait en faire dans la transmission et la médiation des connaissances.
Organisation du cycle
Quatre séances sont prévues, de 18h30 à 20h, (à savoir les mercredis 14 octobre et 25 novembre 2026, 3 février et 24 mars 2027) en hybride. Elles permettront à deux ou trois intervenants de se retrouver autour d’une thématique commune que nous déterminerons en fonction des propositions reçues. Le but est de créer une discussion entre les différents participants, mais aussi avec le public. D’ailleurs, pour permettre à ce dernier de prendre part au débat plus aisément, nous mettons à sa disposition sur notre page dédiée sur le site internet de l’Institut catholique de Paris (www.icp.fr) des éléments d’informations qui lui donneront certaines clés de compréhension, et par la suite d’approfondissement, pour aborder de tels sujets. La séance du 25 novembre 2026 se déroulera, toujours en hybride, sur le campus de l’ICP à Rouen. Une séance introductive (le mercredi 23 septembre) permettra de présenter l’ensemble du cycle.
A la suite des conférences, avec l’accord des intervenants, un enregistrement vidéo de la séance sera temporairement mis en ligne sur la chaîne YouTube de l’ICP pour le public n’ayant pu se libérer le jour-même. Les intervenants pourront également demander à récupérer, pour archive personnelle, l’enregistrement vidéo de leur communication.
Les intervenants le désirant seront invités à présenter le texte de leur communication pour publication électronique sur Investigatio, carnet Hypothèses de la FdL, animé par des étudiants de Master (https://mastersfdl.hypotheses.org/). Cette publication sera soumise à l’accord d’un comité scientifique et d’une double relecture à l’aveugle. Les règles générales seront spécifiées au moment de la confirmation des participations et de la validation du programme du cycle.
Enfin, dans le cadre de la labellisation « Bicentenaire de la Photographie » par le ministère de la Culture, ce cycle s’inscrit dans une dynamique plus large portée, à l’échelle de l’Institut catholique de Paris, par la Faculté des Lettres et la bibliothèque de Fels. Trois projets liés visent ainsi à valoriser les apports historiques et scientifiques de la photographie comme outil de production et de transmission de la connaissance. Au cycle des Jours de l’art s’adjoignent :
- une série d’expositions en ligne réalisées à partir des fonds photographiques (déjà numérisés ou restant à numériser) de la bibliothèque de Fels ;
- un colloque international universitaire de trois jours, au printemps 2027, faisant intervenir les différentes facultés de l’ICP sur le thème de la photographie comme outil pour les sciences humaines en général.
Conditions de soumission
Toutes propositions de communication, tant de chercheurs confirmés que de jeunes docteurs et doctorants, sont bienvenues. Étant donné le sujet abordé, historiens de l’art, archéologues, conservateurs, restaurateurs, architectes, plasticiens, mais aussi photographes professionnels, journalistes, historiens, philosophes, littéraires, et autres, sont attendus dans la mesure où les présentations sont issues de leurs spécialités de recherche et/ou de pratique. De même, le cycle se situe dans une approche transpériodique couvrant des aires géographiques variées du monde occidental et extra-occidental. N’hésitez pas par ailleurs à nous proposer la communication d’un collègue ou d’une connaissance qui puisse mettre en relief les problématiques que vous aborderez.
Chaque intervention devra durer 20 minutes environ. En fin de séance, une discussion avec les auditeurs et les autres acteurs de la séance permettra d’approfondir les thématiques abordées. Les intervenants devront tenir compte du public, mêlant auditeurs libres et étudiants de licence et de master, et adapter leur discours en conséquence.
Toute personne intéressée peut envoyer son projet de communication (CV réduit/courte biographie + synopsis d’une page maximum), par voie électronique, à l’adresse suivante : joursdelarticp.fr, avant le lundi 18 mai 2026. Merci également d’indiquer les possibles dates auxquelles vous ne pourriez pas être présents ou si vous étiez dans l’impossibilité de participer à la séance sur le campus de Rouen ainsi que de prévoir une image libre de droit qui pourrait illustrer l’affiche de votre séance. Pour toute question supplémentaire, nous sommes à votre disposition par mail.
Comité scientifique
Les propositions de conférences seront examinées par les organisateurs du cycle de conférences :
Pierre-Emmanuel Perrier de La Bâthie (Maître de conférences en histoire de l’art contemporain, ICP),
Élisabeth Ruchaud (Maître de Conférences en histoire de l’art médiéval, ICP, UR « Religion, culture et société » EA7403), assistés par une équipe d’étudiant.es-stagiaires en licence Histoire de l’art à la Faculté des Lettres.
Outre la qualité scientifique des propositions et des intervenants, nous nous attacherons également à sélectionner des interventions complémentaires au sein de chacune des quatre séances prévues, afin de créer une dynamique favorable aux échanges.
Quellennachweis:
CFP: Cycle de conférences: (Re)-voir le monde (Paris, 14 Oct 26 - 24 Mar 27). In: ArtHist.net, 02.04.2026. Letzter Zugriff 02.04.2026. <https://arthist.net/archive/52122>.