Comment l’Histoire de l’art vint à la Bretagne. De André Mussat à aujourd’hui, historiographie et actualité.
C’est par la personnalité et l’engagement d’André Mussat (1912-1989) que l’implantation d’un enseignement et d’une recherche en histoire de l’art en Bretagne a été possible. Il fut en effet le premier professeur d’histoire de l’art de l’Université de Rennes en 1967, après avoir enseigné en lycée et aux Beaux-Arts puis avoir exercé en tant que Maître de conférences en Histoire à Rennes. Il contribua largement, dès avant cette date, à développer la discipline en Bretagne, par ses recherches et ses responsabilités. Il fut ainsi le directeur de thèse d’Yves-Pascal Castel, de Roger Barrié, de Jean-Yves Copy ou encore de Christine Prigent, qui tous ont travaillé sur des sujets explorant les productions artistiques en Bretagne, des vitraux à la sculpture funéraire.
Au-delà de ses activités pédagogiques et scientifiques, André Mussat s’engagea au sein de diverses institutions culturelles, telles que le service de l’Inventaire, dont il fut l’un des premiers correspondants dès 1964, ou encore dans diverses revues et manifestations savantes (Annales de Bretagne, Arts de l’Ouest, Congrès archéologiques, etc.). Il a en outre exploré de nombreux champs de recherche, vers l’histoire ou l’archéologie.
Après la création de 1967, il fallut attendre 2004 pour qu’un département d’histoire de l’art, pleinement associé, cette fois, à l’archéologie, voit le jour au sein de l’Université de Bretagne occidentale, sur le site du pôle Pierre-Jakez Hélias, à Quimper.
Pensé autour de la personnalité d’André Mussat, ce colloque entend interroger la création d’une histoire de l’art de la Bretagne et en Bretagne, évoquant ses travaux comme ceux d’autres chercheurs et chercheuses. Les sujets qu’il aborda dans son ouvrage de référence, paru pour la première fois en 1979, Arts et culture de Bretagne. Un millénaire, puis réédité en 1995, couvrent les champs de l’archéologie (certes très rapidement), de l’histoire culturelle et de l’histoire de l’art. Le millénaire célébré dans cette somme devenue classique porte la marque de l’esprit de l’Inventaire, en parlant des petites comme des grandes productions artistiques. L’ouvrage adopte également une approche sociale de l’art, intégrant les évolutions artistiques dans celles de la société. Enfin, André Mussat prend soin de dénoncer les idées reçues sur la Bretagne, en soulignant son évolution (historique comme artistique), l'absence de retard de la province ou encore la vitalité de son architecture.
C’est en suivant le fil déroulé par André Mussat, et tendu à un peu plus de 30 et 45 ans d’écart, que cette rencontre souhaite souligner la vitalité de la recherche tant en archéologie qu’en histoire de l’art sur le territoire breton. Son approche s’était concentrée sur la période allant du Xe au XXe siècle, analysant les œuvres et moins les les découvertes archéologiques. Ce colloque entend faire une place aux nouvelles approches de l’histoire de l’art comme de l’archéologie, en interrogeant ainsi des productions plus anciennes que le millénaire de l’ouvrage d’A. Mussat et en élargissant le propos jusqu’à l’histoire et l’histoire de l’art antique du territoire. En outre, la façon dont les orientations actuelles de ces champs de recherche ont renouvelé la vision de Mussat seront au coeur des échanges.
Les propositions pour des communications de 20 à 30 minutes, pourront notamment porter sur :
- La vie et les recherches d’André Mussat
- Historiographie et épistémologie en Histoire de l’art et en archéologie en Bretagne depuis 60 ans
- Orientations nouvelles de la recherche en Histoire de l’art dans les laboratoires et universités bretonnes et la façon dont elles ont renouvelé l’approche d’André Mussat
Modalités pratiques
Les propositions, comprenant le résumé et une courte biographie de l’auteur ou autrice (500 mots maximum), doivent être envoyées à Tania Lévy (tania.levyuniv-brest.fr) pour le 30 avril 2026 au plus tard.
Les intervenants et intervenantes seront prévenues courant juin de la décision du comité scientifique.
Le colloque aura lieu les 19 et 20 novembre 2026 à Quimper (pôle universitaire Pierre- Jakez Hélias et Médiathèque Alain-Gérard).
Manifestation organisée en lien avec le service de l’Inventaire du Patrimoine - région Bretagne.
Organisation
Tania Lévy, MCF Histoire de l’art moderne, Université de Bretagne Occidentale (UBO) - Centre de Recherche Bretonne et Celtique (CRBC)
Tania.Levyuniv-brest.fr
Comité scientifique
Delphine Acolat, MCF HDR en Histoire et Histoire de l’art antique, UBO - Centre François Viète
Cristina Gandini, MCF en Archéologie gallo-romaine, UBO - CRBC
Marie Jacob-Yapi, MCF Histoire de l’art médiéval, Université Rennes-II, Histoire et Critique des Arts
Yvan Maligorne, MCF HDR en Histoire et Histoire de l’art antique, UBO - CRBC
Arnaud Ybert, MCF en Histoire de l’art médiéval, UBO - CRBC
et Tania Lévy, MCF en Histoire de l’art moderne, UBO - CRBC
Reference:
CFP: Comment l'Histoire de l'art vint à la Bretagne (Quimper, 19-20 Nov 26). In: ArtHist.net, Mar 19, 2026 (accessed Mar 20, 2026), <https://arthist.net/archive/52013>.