CFP May 29, 2024

Art, Money and Socialism (Paris, 4 Nov 24)

Campus Condorcet de l’EHESS, Paris, Nov 04, 2024
Deadline: Jun 20, 2024

Vera Guseynova (EHESS, CESSP/CERCEC) and Vera Otdelnova (University of Oxford)

[French version below]

Art, Money and Socialism. The Economies of East-European Visual Art During the Cold War.

Since the 2000s, when Piotr Piotrowski published his groundbreaking research, the study of fine art of the socialist countries of Eastern Europe has changed dramatically. An important thread was the research of the social and institutional impact on art: in their works, Susan E.Reid, Beata Hock, Klara Kemp-Welch, Jérôme Bazin, Caterina Preda, Maja and Reuben Fowkes questioned the clichés about the dominance of socialist realism, the impenetrability of the Iron Curtain and the artists’ subservience to party regulations.

We invite you to discuss economic aspects of visual art in socialist countries during the Cold War. We are eager to examine official models of fine art production, its economic and political aspects. How influential were artists and art institutions (artists’ unions) in shaping the pricing policy and aesthetic criteria of state commissions for art? How were prices for art works decided and negotiated in a planned economy and how were artworks bought and sold in the absence of a free market? How did the price correlate with the symbolic value of art works and what were the criteria for valorization?

In addition to discussing the local art economy, we encourage you to reflect on the international art trade between Eastern European and Western countries during the Cold War. This trade took place both at the official level and as a result of unofficial (shadow) transactions between independent dealers and artists. It is thought that in the first instance, the export of artistic works served as a source of enrichment for the state budget, an instrument of cultural diplomacy, and a way of promoting a positive image of socialist art abroad. Shadow transactions mainly took place between unofficial artists and foreign buyers (diplomats, correspondents, tourists), and influenced the internal life of artistic communities, their structures, identity, hierarchy and communications.

We would like to discuss the circumstances of these transactions and what exactly provoked the interest of Western buyers. How did the value of art objects change depending on their circulation? What role did the intermediaries (state, institutional, independent) play in creating connections between East and West? Did the international art trade influence the official art canons, or working methods and political positions of the artists? Having sketched out this range of questions as a starting point for discussion, and without being exhaustive, we propose to reflect on the material (and particularly economic) conditions of production and circulation of Eastern European visual art during the Cold War.

Participation and Submission Procedures
We invite master's and doctoral students in the humanities and social sciences to submit their abstracts with the title (maximum 500 words), in French or English, by June 20th to the following address: ecartsparis2024gmail.com. Please include a brief biographical sketch (no more than 150 words). Authors will receive feedback on their proposals at the beginning of July. Depending on the contributions received, the results of this study day may be presented in the form of an academic publication.

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Art, Argent et Socialisme. Économies de l'art visuel est-européen pendan la guerre foride.

Depuis les années 2000, à partir des travaux pionniers de Piotr Piotrowski, l’étude des arts issus des pays socialistes de l’Europe de l’Est a connu un nouvel élan. L’histoire sociale et institutionnelle de l’art, en particulier les travaux de Susan E.Reid, Beata Hock, Klara Kemp-Welch, Jérôme Bazin, Caterina Preda, Maja et Reuben Fowkes ont poursuivi cette voie de recherche. Ils ont contribué à dissiper les clichés sur la domination du réalisme socialiste comme seul canon de la création artistique, l’impénétrabilité du rideau de fer, ainsi que la dépendance directe et totale des artistes aux règles du parti communiste.
Dans le cadre de cette journée d’étude, nous souhaitons appréhender les questions liées aux pratiques économiques de l’art visuel des pays socialistes pendant la guerre froide. L’objectif est de réfléchir ensemble au fonctionnement des modèles de régulation étatique et des formes de la production artistique, en gardant à l’esprit la conjoncture historique et politique en mouvement. Comment, dans les conditions d’une économie planifiée et en l’absence d’un marché libre, les œuvres étaient-elles vendues et achetées ? Comment le prix des œuvres d’art était-il fixé et discuté ? Quel a été le rôle des institutions officielles (unions artistiques) dans l’élaboration de la politique des prix et du programme des commandes publiques d’œuvres d’art ? Quelle est sa corrélation avec la valeur esthétique et quels sont les critères de valorisation économique et symbolique de l’art ?

Nous invitons donc l’ensemble des personnes intéressées à réfléchir sur les échanges commerciaux ayant trait aux arts, à l’intérieur d’un seul pays mais aussi lors des échanges entre plusieurs pays, pays est européens et occidentaux. D’un côté, il s’agit de s’intéresser aux exportations des œuvres au niveau de l’État, ce qui pouvait servir de source d’enrichissement pour le trésor public, d’instrument de diplomatie culturelle et de moyen de diffuser une image positive de l’art socialiste à l’étranger. De l’autre, il s’agit de prendre pour objet les transactions parallèles qui se sont déroulées principalement entre les artistes et des acheteurs étrangers (diplomates, correspondants, touristes) et qui ont impacté la vie interne des communautés artistiques, leurs identités, leurs styles, leurs hiérarchies et leur structuration.

Comment expliquer qu’il y ait une pratique incontrôlée de l’économie secondaire et des trafics clandestins des œuvres ? Quel a été l’intérêt des acheteurs occidentaux pour les artistes des pays socialistes ? Comment la valeur des objets d’art a-t-elle évolué en fonction de leur circulation ? Quelle a été la répartition des rôles entre les intermédiaires (étatiques, institutionnels, indépendants) dans la création de liens entre Est et Ouest ? Enfin, les canons officiels des arts visuels, les méthodes de travail des artistes et leurs positions politiques en ont-ils été affectés par des liens internationaux ? Après avoir esquissé cet éventail de questions comme points de départ de la discussion, et sans être exhaustif, nous vous proposons de réfléchir sur les conditions matérielles (et notamment économiques) de production et de circulation de l’art visuel est- européen pendant la guerre froide.

Modalités de participation et de soumission
Nous invitons les masterantes et doctorantes en sciences humaines et sociales à envoyer leurs résumés de communication avec le titre (500 mots maximum), en français ou en anglais, au plus tard le 20 juin à l’adresse suivante : ecartsparis2024gmail.com. Veuillez joindre à votre proposition une brève présentation biographique (pas plus de 150 mots). Les auteures recevront un retour sur leurs propositions au début du mois de juillet. En fonction des contributions reçues, les résultats de cette journée d’étude pourront être présentés sous la forme d’une publication académique.

Reference:
CFP: Art, Money and Socialism (Paris, 4 Nov 24). In: ArtHist.net, May 29, 2024 (accessed Jul 18, 2024), <https://arthist.net/archive/41996>.

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