CFP Apr 12, 2024

Les Artistes au Muséum d'Histoire naturelle (Paris, 31 Jan 25)

Paris - Muséum d'Histoire Naturelle, Jan 31–May 31, 2025
Deadline: Jun 15, 2024

Maud Haon-Maatouk

[English version below]

Héritier du Jardin du Roy – fondé en 1635, sous le règne de Louis XIII – le Muséum d’Histoire naturelle est, grâce à sa politique d’ouverture, un lieu incontournable pour la diffusion des sciences naturelles. Dédié à la recherche, à la formation et à l’enseignement public dans un vaste champ disciplinaire, cette institution recèle d’abondantes collections de formes naturelles végétales, animales, minérales et même artistiques qui attirent, au-delà des frontières hexagonales, les naturalistes en herbe ou confirmés et les amateurs. Véritable jardin d’Éden en plein cœur de Paris, le Jardin des Plantes offre une vision merveilleuse d’une nature raisonnée, mais prolifique. Il donne au public l’illusion de progresser dans un espace totalisant l’ensemble des productions de la nature. À l’engouement sans démenti du public, s’adjoint celui des artistes qui au cours du XIXe siècle se succèdent et se croisent dans les allées du Jardin des Plantes et les couloirs du Muséum où ils puisent l’inspiration, trouvent des modèles, lisent, ou flânent, regardent, ressentent et s’instruisent. Cette histoire conjuguant science et art, patrimoine culturel et scientifique, offre un nouveau regard sur le Muséum d’Histoire naturelle et sur la création artistique au XIXe et au XXe siècle et se raconte à travers de multiples points de vue ou parcours individuels. L’ambition de cette journée d’étude est de mettre en lumière et d’interroger ces interactions entre le Muséum d’Histoire naturelle de Paris et la production artistique (beaux-arts, arts décoratifs, illustration, littérature…) du XIXe siècle (1789-1914) à travers principalement les trois axes suivants.

1. Un lieu de savoirs et de formation
Véritable lieu de savoirs, le Muséum participe, grâce à ses efforts pédagogiques – indissociables de ses stratégies muséographiques – à la diffusion des savoirs et des méthodes scientifiques au plus grand nombre. Depuis sa fondation, en 1793, treize chaires spécialisées en sciences naturelles sont créées, et douze cours non sanctionnés et en accès libre sont proposés par des chercheurs tels qu’Étienne Geoffroy Saint-Hilaire (1772-1844) et Georges Cuvier (1769-1832). Parmi ces nouvelles chaires, on compte un cours d’iconographie naturelle ou de l’art de dessiner et de peindre toutes les productions de la nature, visant à la formation d’artiste-illustrateur ou de peintre d’histoire naturelle. Avant 1822, cet enseignement comprend indifféremment le dessin botanique et zoologique. D’un intérêt capital pour la recherche en biologie, le dessin scientifique permet de fixer les formes naturelles et répond à des normes précises.
Ce premier axe s’intéressera donc plus spécifiquement à cet enseignement. On s’interrogera ainsi sur la manière dont sont organisés ces cours. Quels en sont les contenus et quelles sont les particularités de ces enseignements ? Ouverts à tous et à toutes, ces cours s’adressent à un large public. Quels sont les publics concernés par ces enseignements ? L’évolution des techniques et principalement l’apparition de la photographie ont impacté les modes de représentation naturaliste. Comment se renouvellent les pratiques et les images, quelles techniques sont privilégiées ?
2. Un lieu d’inspiration : les parcours d’artistes au Muséum d’Histoire naturelle de Paris
Si le Muséum est connu, de longue date, comme un lieu de formation et d’inspiration pour les artistes, les études et les événements scientifiques traitant de ce sujet manquent. L’ouvrage de Luc Vézin, Les artistes au Jardin des Plantes par exemple, date de 1990. De nombreuses publications permettent d’apprécier le travail des artistes affiliés au Muséum et à la collection de vélins qu’ils enrichissent. L’œuvre de Pierre-Joseph Redouté (1759-1840) en particulier profite d’une abondante bibliographie et d’une large audience auprès du public, qui dépasse les frontières hexagonales : les expositions qui se sont tenues au musée Teyler et au musée de la Vie romantique à Paris, respectivement en 2013 et en 2017, en sont de bons exemples. De même, les créations d’Antoine-Louis Barye (1795-1875) et d’Eugène Delacroix (1798-1863) sont évoquées de façon récurrente dans les études portant sur cette thématique.
Afin d’enrichir ce panorama, le second axe d’étude s’intéressera plus particulièrement la place des artistes, non affiliés au Muséum, au sein de cette institution à travers l’étude de parcours individuels. Un système de carte d’accès, notamment, et de lettre de recommandation leur permet, dans un temps limité, de se rendre librement dans son enceinte. Comment les artistes se saisissent-ils des ressources – pédagogiques, muséographiques et des collections – mises à leur disposition ? Quelles sources sont les plus exploitées ? Pour quels usages ? Comme les demandes de chacun obtiennent des réponses individuelles de la part de la direction du Muséum, des exposés de cas individuels mais moins connus semblent intéressants. Ils permettront notamment de mettre en lumière les créations d’artistes – masculins ou féminins, français ou étrangers – n’appartenant pas nécessairement à la tendance naturaliste.

3. Le Muséum à travers le prisme des images
Cette valorisation de la place des artistes au Muséum indique un intérêt populaire pour cette institution, au XIXe siècle. Le phénomène de vulgarisation scientifique et le développement de la presse écrite et de la caricature ne sont pas étrangers à ce phénomène. Quelles promotions, quelles images, ou quels imaginaires sont associés à ce lieu ? Les artistes, par leurs créations, livrent également des témoignages sur la vie de cette institution, les usages des publics, sur les pensionnaires de la Ménagerie et des Serres du Jardin des Plantes. Ils participent ainsi activement à véhiculer l’image d’un nouveau Jardin d’Eden en plein cœur de Paris. Cette vision romantique se voit associée à celle de l’exotisme. Le goût pour le voyage, le désir d’un retour à la nature sauvage, l’observation du monde organique sont autant d’orientations qui incitent le visiteur et le chercheur à retourner avec un œil neuf au Muséum d’Histoire naturelle de Paris.
Cet axe de réflexion permettra de comprendre quelle place – réelle ou fictionnelle – occupe le Muséum au sein de la scène artistique et de l’imaginaire collectif et comment cela se manifeste dans la production artistique (beaux-arts, cinéma, art contemporain…). Cet axe sera également l’occasion de s’intéresser à la production artistique encouragée par l’institution même en orientant la réflexion, par exemple, sur les productions statuaires achetées puis installées dans le jardin des Plantes.


Les propositions de communication, rédigées en français ou en anglais, ne devront pas excéder une page et devront être complétées par une courte bibliographie ainsi que d’une petite biographie. Les interventions, lors de la journée d’étude, dureront 20 minutes. Le comité ambitionne de publier, in fine, les actes de cette journée ; les communications – de jeunes chercheurs ou plus confirmés – devront donc être inédites. Les déplacements ne seront pas financés par les organisateurs de la journée d’étude, mais les interventions pourront avoir lieu en visio-conférence.
Les propositions devront être envoyées avant le 15 juin 2024 à l’adresse électronique suivante : lesartistesaumuseumgmail.com. Les propositions sélectionnées en seront informées courant septembre 2024.

Comité scientifique et organisation
Aude Chevalier (Musée Rodin), Maud Haon-Maatouk (Université Paris-Nanterre), Franck Joubin (Musée Rodin), Rémi Labrusse (Université Paris-Nanterre, EHESS), Ségolène Le Men (Université Paris-Nanterre), Héléna Lichy (Université Paris-Nanterre, Ecole du Louvre), Amandine Postec (Muséum d’histoire naturelle), Charles Villeneuve de Janti (Musées nationaux Jean-Jacques Henner et Gustave Moreau)

[English version]

Heir of the Jardin du Roy – created in 1635, by Louis XIII – the Museum of natural history of Paris is an unmissable place for whom may be interested in natural sciences. Dedicated to research, training and teaching about various subjects, the institute preserves numerous samples of plant life, wildlife, minerals, and even artistic creations. These collections attract skilled naturalists or amateurs from all around Europe. Artists also have a keen interest in all the resources of the institution. During the 19th century, most of them run into each other in the paths of the Jardin des Plantes or in the Muséum in itself, where they do find inspirations, models or would just read, observe, feel or instruct themselves. The story of this institute where art, science, cultural and scientific heritage meets do unveil a new outlook on both the Muséum d’Histoire naturelle and artistic production of the 19th and 20th centuries. This symposium will highlight and question interactions between the Muséum national d’Histoire naturelle of Paris and artistic production (fine arts, decorative arts, illustrations, literature etc.) of the 19th century (1789-1914) through three main approaches.

1. A place of knowledges and apprenticeship
From its foundation (1793) onwards, the Muséum national d’Histoire naturelle created thirteen chairs related to natural sciences subjects. Twelves courses are freely accessed and dispensed by researchers such as Étienne Geoffroy Saint-Hilaire (1772-1844) or Georges Cuvier (1769-1832). Among those chairs, one is entitled course of natural illustrate or art of drawing andpainting elements produced by nature.This first approach will focus on these teachings. How are they organized? What are the contents of these courses and the specificities of these teachings? Easily accessible, those courses are taught to a large audience. Who are those audiences? The development of new technics such as photography has had an impact of those illustrations. How did those specific practices and images have renewed themselves and which kind of practices were favoured?

2. A place for inspiration: the paths of artists in the Muséum national d’Histoire naturelle of Paris
The second approach will take a specific interest in the place of artists, who are not members of the Museum, in the institution through case studies of artists. How do the artists use the resources that are made available for them (i.e. educational resources, museography and collections). Which of these resources are the more commonly used? What for? These case studies will be a good opportunity to emphasize some artistic creations – male or female creations, French or from abroad – who are not necessarily part of the naturalist movement.

3. The Muséum through images
Enhancing the place of artists in the Museum shows the mainstream interest for this institute during the 19th century. Scientific popularization, the development of written press and of caricatures may have a part in this rising interest. Which promotions, images or imagination can be related to the Muséum? Through their creations, artists also show their vision of this institution : habits of visitors or of animals of the Ménagerie and Serres of Jardin des Plantes. By doing so they contribute to spreading an image of a new Garden of Eden in the centre of Paris.This approach tries to understand the real or fictional place of the Muséum on the arts scene and in public imagination. How this image is shown through artistic productions (fine arts, cinema, contemporary art…). This third and last approach will also take an interest of artistic production supported by the institution itself (i.e. sculptures bought and display in the Jardin des Plantes).


Proposals should be written in French or English and should not be longer than a page. Proposals should be completed by a short bibliography and a quick biography of the author.
Papers should be 20 minutes long. The organization and scientific committee intend to publish papers of the symposium. Therefore, proposals should not have been previously published and could be from young or skilled researchers.

Trips will not be funded by the organizers, but papers could also be given through videoconference.

The deadline for proposal is the June 15th, 2024. They should be sent to the following email
address: lesartistesaumuseumg.mail.com. The selected proposals will be contacted in September 2024.

Organization and scientific committee
Aude Chevalier (Musée Rodin), Maud Haon-Maatouk (Université Paris-Nanterre), Franck Joubin (Musée Rodin), Rémi Labrusse (Université Paris-Nanterre, EHESS), Ségolène Le Men (Université Paris-Nanterre), Héléna Lichy (Université Paris-Nanterre, Ecole du Louvre), Amandine Postec (Muséum d’histoire naturelle), Charles Villeneuve de Janti (Musées nationaux Jean-Jacques Henner et Gustave Moreau)

Reference:
CFP: Les Artistes au Muséum d'Histoire naturelle (Paris, 31 Jan 25). In: ArtHist.net, Apr 12, 2024 (accessed Jun 20, 2024), <https://arthist.net/archive/41632>.

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