Le français suivra
Esse arts + opinions is a bilingual magazine focused mainly on contemporary art and multidisciplinary practices. Specializing in essays on issues in art today, the magazine publishes critical analyses that address art in relation to its context. Each issue contains a thematic section, portfolios of artworks, articles critiquing the international culture scene, and reviews of exhibitions, events, and publications. The esse.ca platform also offers articles on contemporary art and an archive of previous issues of esse.
Theme no 96 : CONFLICT
The wars and conflicts that have marked history have helped shape the geography, politics, and societies we know today. They have also produced massacres, etched scenes of extreme violence in memory, revealed bloodthirsty personalities, and forever scarred entire populations. Long ago considered a duel on a larger scale (Carl Von Clausewitz), war has transformed significantly in the last thirty years. This is particularly true in terms of the media that now alters reality for the sake of immediacy by playing an active role in it, which directly contributes to fabricate history, manipulate information, and create a new relationship to the present. The use of technologies such as drones in combat has also changed military strategies and the resulting images.
Also called armed conflict or “catastrophe” (Henry Rousso), war is a geopolitical context marked by traumatic events that are internally experienced or transmitted by the media through images and accounts to a public far from the conflict zone. Therefore, journalistic accounts and the images repeated on screens become a source of information that should be examined. As Susan Sontag writes, “the understanding of war among people who have not experienced war is now chiefly a product of the impact of these images.”1 Primary material of the instant mediatization of wars, such images also become objects of analysis and sites of interpretation for art practices that deal with testimony, criticism, reconstitution, and redress.
From the painter of battle scenes to the war photographer to the contemporary artist; from Goya to Robert Capa to Rabih Mroué, war and art have collided and intertwined throughout the centuries. At first, artists described wars through their works, playing a prominent mediating role between the soldiers, the military, and the population; yet now, the media has become the narrator and collector of images. Therefore, artists interested in war stand not only in relation to a conflict, but also in relation to the media that records it. Lucy Lippard’s A Different War: Vietnam in Art (1990), Séamus Kealy’s Signals in the Dark: Art in the Shadow of War (2008), and more recently Conflict, Time, Photography (2015) presented at Tate Modern are some of the exhibitions that intersect the history of conflict with art history. Art practices interested in conflict, whether directly or indirectly, allow for an aesthetic appropriation of the codes of war, an ideological positioning, a critique of the risks and contexts, a rereading of history, an objectivization or subjectivization of the issues, and even a political focus.
While past artists may have “served” fighters, what relationship do contemporary artists have to soldiers and their combats? Might they contribute to inscribing war into the collective memory? How does the mediatization of wars in real time affect contemporary art practices? What forms of discourse emerge from art practices and works that deal with war and conflict? Is there a specific manner of telling—a narrative stance—that is particular to works and exhibitions that narrate, criticize, or analyze conflict? And by extension, since conflict is not limited to wars, how do artists and curators bear witness to social unrest, struggles, and the inequalities derived from racism, populism, and colonialism? How might the geopolitical context influence art production? Esse arts + opinions invites art critics, authors, and artists to propose articles that address these questions as well as others that deal more broadly with the subject of war and conflict.
1. Susan Sontag, Regarding the Pain of Others (New York: Farrar, Straus and Giroux, 2003), 21.
Send your text (1,000 - 2,000 words, footnotes included) in US letter format (doc, docx, or rtf) to redactionesse.ca before January 1, 2019. Please include a short biography (35-45 words), an abstract of the text (80-100 words), as well as postal and e-mail addresses. We also welcome submissions (reviews, essays, analyses of contemporary art issues) not related to a particular theme (annual deadlines: September 1, January 10, and April 1). An acknowledgement of receipt will be sent within 7 days of the deadline. If you have not been notified, please contact us to ensure your text has been received.
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Esse arts + opinions, publiée trois fois l’an par Les éditions esse, est une revue d’art contemporain bilingue qui s’intéresse principalement à l’art contemporain et aux pratiques multidisciplinaires (arts visuels, performance, vidéo, musique et danse actuelles, théâtre expérimental). La revue privilégie les essais sur l’art et les analyses critiques à travers des textes qui abordent l’art en relation avec le contexte dans lequel il s’inscrit. Chaque numéro propose un dossier thématique, un portfolio d’œuvres, une section d’articles critiques traitant de la scène culturelle internationale, une section de comptes rendus d’expositions, d’événements et de publications. La plateforme esse.ca propose également des articles sur l’actualité artistique, de même que des archives d’anciens numéros de esse.
Dossier #96 : CONFLITS
Les guerres et les conflits qui ont jalonné l’histoire ont contribué à façonner la géographie, la politique et les sociétés telles que nous les connaissons aujourd’hui. Ils ont aussi généré des massacres, inscrit des scènes de violences extrêmes dans les mémoires, mis au jour des personnalités sanguinaires, et marqué à jamais des populations entières. La guerre, longtemps considérée comme un duel à grande échelle (Carl Von Clausewitz), s’est vue considérablement transformée depuis les 30 dernières années, notamment avec les médias qui modifient le réel en y jouant désormais un rôle actif, dans un rapport à l’instantanéité qui participe directement à la fabrication de l’histoire, à la manipulation de l’information et à la création d’une nouvelle relation au temps présent. L’application au combat de technologies tel le drone change également les stratégies guerrières et les images qui en résultent.
La guerre, aussi nommée conflit armé ou « catastrophe » (Henry Rousso), est un contexte géopolitique marqué par des évènements traumatiques qui se vivent de l’intérieur ou dont les images sont transmises et racontées par les médias pour un public lointain. Ainsi, la répétition d’images sur les écrans et le récit des journalistes deviennent une source d’information qui demande à être interrogée. Comme l’affirme Susan Sontag, « l’idée que se font de la guerre ceux qui n’en ont pas d’expérience directe est principalement, aujourd’hui, un produit de l’impact créé par ces images .1» Principal matériau de la médiatisation instantanée des guerres, les images deviennent également objet d’analyse ou lieu d’interprétation pour des pratiques artistiques qui s’apparentent au témoignage, à la critique, à la reconstitution et à la réparation.
Du peintre de scènes de combat au photographe de guerre et à l’artiste contemporain ; de Goya à Robert Capa et à Rabih Mroué, la guerre et l’art se rencontrent et s’entremêlent à travers les époques. L’artiste a d’abord raconté les guerres par ses œuvres, jouant un rôle de médiateur de premier plan entre les soldats, l’armée et la population ; mais désormais, ce sont les médias qui sont les narrateurs et les capteurs d’images. L’artiste qui s’intéresse à la guerre se positionne donc non seulement en regard d’un conflit, mais tout autant en regard des médias qui en traitent. A Different War: Vietnam in Art (1990), de Lucy Lippard, Signals in the Dark: Art in the Shadow of War (2008), de Séamus Kealy, et plus récemment Conflict-Time-Photography (2015), présentée à la Tate Modern, sont autant d’expositions qui croisent l’histoire des conflits et l’histoire de l’art. Les pratiques artistiques qui s’intéressent au conflit, que ce soit dans ses contours ou de façon frontale, permettent une appropriation esthétique des codes de la guerre, un positionnement idéologique, une critique des risques et des contextes, une relecture historique, une objectivation ou une subjectivation des enjeux, ou encore une mise au point politique.
Si les artistes du passé ont « servi » les guerriers, quel est le rapport des artistes contemporains aux soldats et à leurs combats ? Peuvent-ils aussi contribuer à inscrire une guerre dans la mémoire collective ? Comment la médiatisation en temps réel des guerres influence-t-elle les pratiques contemporaines ? Quelles formes de discours émergent des pratiques artistiques et des œuvres qui traitent des guerres et des conflits ? Existe-t-il une façon de raconter – une posture narrative – propre aux œuvres et aux expositions qui s’engagent dans le récit, la critique ou l’analyse des conflits ? Par extension, puisque ceux-ci ne se résument pas aux guerres, comment l’artiste et le commissaire s’inscrivent-ils en témoins des conflits sociaux, des luttes et des inégalités issues du racisme, du populisme et du colonialisme ? Comment le contexte géopolitique peut-il influencer la production artistique ? Esse arts + opinions invite critiques, auteur.e.s et artistes à proposer des articles qui s’intéressent à ces questions et à toutes autres qui concernent plus largement à la thématique de la guerre et du conflit.
1. Susan Sontag, Devant la douleur des autres, Paris, Éditions Christian Bourgeois, 2003, p. 29.
Les textes proposés (de 1 000 à 2 000 mots maximum, notes incluses) peuvent être envoyés en format lettre US (.doc, .docx ou .rtf) à redactionesse.ca avant le 1er janvier 2019. Veuillez inclure, à même le texte, une courte notice biographique (30-50 mots), un résumé du texte (80-100 mots), ainsi que votre adresse courriel et postale. Les propositions non afférentes aux dossiers (critiques, essais et analyses sur différents sujets en art actuel) sont aussi les bienvenues (dates de tombée : 1er septembre, 10 janvier et 1er avril de chaque année). Un accusé de réception sera envoyé dans les 7 jours suivant la date de tombée. Si vous ne l’avez pas reçu, nous vous invitons à communiquer avec nous pour vérifier la réception de votre texte.
Quellennachweis:
CFP: Esse arts + opinions, no 96: Conflict / Conflits. In: ArtHist.net, 06.10.2018. Letzter Zugriff 04.04.2026. <https://arthist.net/archive/19140>.