Le français suivra
The Living
Human beings' relationships with the living world are, in general, conditioned by a logic of instrumentalization and servitude. Western thought in the Cartesian tradition, which has it that human beings are the "lords and masters of nature," presupposes that the modern human being is ontologically distinct from and superior to other living creatures. Today, as biodiversity is increasingly threatened due to capitalist and purely anthropocentric overexploitation of natural resources, this colonialist and predatory vision held by human beings, cut off from their ecosystem, is in greater and greater jeopardy, even though it is still concretely dominant. In recent decades, the human and social sciences, for example, have broadened their field of interest to "animal studies" and human exceptionalism. The spheres of art, history, and art theory are far from immune to this new wave of thought. In fact, numerous artists, opposed to a strictly reifying use of animals as exemplified by Damien Hirst, are engaged in critical and ethical challenges to and rethinking of human interactions with and views of other forms of life, both human and non-human.
At a time when biotechnologies (often exploitative) are dissolving the key division between nature and culture on which the modern episteme is founded, it is useful to probe, beyond the dichotomy between human and animal, the current issues with regard to the sphere of the living. In this issue, we therefore focus on art practices that envisage the dynamics of the living in a non-anthropocentric way. How do artists become engaged in this path? How do they explore the value of all forms of life? How do they envisage trans-species relationships? How do they question issues linked to speciesism, or to racism and sexism? These issues, as we know, stem in large part from a normative and phallocentric ideology of humanity in which modern humans are defined in opposition to animality and all those who do not correspond to certain physical criteria (whiteness, maleness) are "thrown into the zoo," as Armelle LeBras-Choppard puts it. Given all of this, how do contemporary artists participate in a recasting of our collective imagination in terms of our perception of multiple forms of life and of difference? How, in fact, do they contest human projections linked to biodeterminism and other forms of essentialism? How do current practices, through their approaches or their aesthetic, political, or ethical strategies, make it possible to envisage a world decolonized of all systems of servitude of the living? Finally, proposals that revisit the idea that art is a highly cultural activity that distinguishes human beings from other living creatures are also deemed worthy of interest.
Send your text (1,000 - 2,000 words, footnotes included) in US letter format (doc, docx, or rtf) to redactionesse.ca before January 10, 2016. Please include a short biography (50-80 words), an abstract of the text (100 words), as well as postal and e-mail addresses. We also welcome submissions (reviews, essays, analyses of contemporary art issues) not related to a particular theme (annual deadlines: September 1, January 10, and April 1).
EDITORIAL POLICY
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All texts are submitted to the editorial committee, which reserves the right to accept or refuse a submission. The selection criteria are based on the quality of analysis and writing, the pertinence of the text to the edition in question, and the relevance of the corpus of artworks and artists analyzed. A text may be rejected due to the large number of submissions for a given edition. The selection process may take up to six weeks. The editorial committee's decision is final.
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Le vivant
Les rapports que les êtres humains entretiennent avec le monde du vivant sont globalement conditionnés par une logique d'instrumentalisation et de servitude. S'inscrivant dans la tradition cartésienne, qui prétend que l'humain est « maître et possesseur de la nature », la pensée occidentale présuppose que l'homme moderne est un être ontologiquement distinct et supérieur aux autres créatures sensibles. Alors que la biodiversité est de plus en plus menacée dû à la surexploitation capitaliste et purement anthropocentrique des ressources naturelles, cette vision colonialiste et prédatrice de l'homme, coupé de son écosystème, est de plus en plus mise à mal, bien qu'elle demeure encore concrètement dominante. Au cours des dernières décennies, les sciences humaines et sociales ont par exemple élargi leur champ d'intérêts à l'étude des questions animales (animal studies) et environnementales, révisant la thèse de l'exceptionnalisme humain. Le monde de l'art, de l'histoire et des théories de l'art est loin d'être hermétique à ce nouvel engouement. Nombreux d'ailleurs sont les artistes qui, à l'opposé d'une utilisation strictement réifiante des animaux comme chez Damien Hirst, interrogent et repensent de manière critique et éthique nos façons d'interagir et d'entrevoir les différentes formes de vie, humaines comme non humaines.
À l'heure où les biotechnologies (souvent exploitatives) effritent la scission maitresse entre la nature et la culture sur laquelle s'est fondée l'épistémè moderne, il convient de sonder, au-delà de la dichotomie entre l'humain et l'animal, les enjeux actuels relatifs à la sphère du vivant. Ce numéro souhaite ainsi mettre l'accent sur les pratiques artistiques qui envisagent les dynamiques du vivant de façon non anthropocentrique. Comment les artistes d'aujourd'hui s'engagent-ils/elles dans cette voie ? Comment interrogent-ils/elles la valeur de toutes les formes de vie (humaines, animales et végétales) ? Comment envisagent-ils/elles les rapports trans-espèces? Comment questionnent-ils/elles les enjeux liés au spécisme ? Ou encore, liés au racisme et au sexisme ? Des enjeux, rappelons-le, qui découlent en grande partie d'une idéologie normative et phallocentrique de l'humanité où l'homme moderne se définit par opposition à l'animalité et où tous ceux et celles qui ne correspondent pas à certains critères physiques (blancheur, masculinité) sont « jetés au zoo », pour reprendre l'idée d'Armelle LeBras-Choppard. Dans cette foulée, comment les œuvres et les pratiques actuelles participent-elles à une refonte de notre imaginaire collectif quant à notre perception des multiples formes de vie et des différences? Comment, par ailleurs, contestent-elles les projections humaines liées aux biodéterminismes et autres formes d'essentialisme ? Comment les pratiques actuelles, par leurs propositions ou leurs stratégies esthétiques, politiques ou éthiques, permettent-elles d'envisager un monde décolonisé de tout système de servitude du vivant ? Enfin, les propositions qui revisitent l'idée selon laquelle l'art serait une activité hautement culturelle, qui distingue les êtres humains des autres créatures vivantes, nous apparaissent également dignes d'intérêt.
Les textes proposés (de 1 000 à 2 000 mots maximum, notes incluses) peuvent être envoyés en format lettre US (.doc, .docx ou .rtf) à redactionesse.ca avant le 10 janvier 2016. L'auteur est prié d'inclure, à même le texte, une courte notice biographique (50-100 mots), un résumé du texte (100 mots), ainsi que son adresse courriel et postale. Les propositions non afférentes aux dossiers (critiques, essais et analyses sur différents sujets en art actuel) sont aussi les bienvenues (dates de tombée : 1er septembre, 10 janvier et 1er avril de chaque année).
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Reference:
CFP: Esse magazine - Issue: The Living / Le Vivant. In: ArtHist.net, Sep 17, 2015 (accessed May 12, 2026), <https://arthist.net/archive/11018>.