CFP Feb 9, 2026

Tony Garnier à la Villa Médicis (Rome, 19 Nov 26)

Nov 19, 2026
Deadline: May 1, 2026

Chiara Pittaluga, Franch Academy in Rome - Villa Medici
Tony Garnier à la Villa Médicis.
Concevoir la modernité architecturale à Rome autour de 1900.

Tony Garnier, architecte, Cité industrielle. Première étude ayant figuré aux expositions des envois de Rome à Paris de 1901 et 1904 (1906).

Journée d’études organisée à Rome dans le cadre du programme de la Villa Médicis : « Architecture et architectes à l’Académie de France à Rome : regards, œuvres et circulations – XIXe - XXe siècle) ».
La journée d’études proposée par l’Institut Tony Garnier et ses partenaires souhaite mettre en lumière le rôle que la Villa Médicis, Rome et l’Italie ont joué dans l’évolution de la pensée de l’architecte français au tournant du XXe siècle.

Le séjour romain de Tony Garnier est à la fois l’aboutissement d’un long processus de formation et un moment de rupture dans son parcours académique. C’est en effet en 1899, à l’âge de trente ans, que l’architecte lyonnais obtient le Grand Prix et qu’il arrive à Rome. Dès 1901, il dessine les premières planches d’Une Cité industrielle, projet de cité moderne critiqué par les institutions chargées d’évaluer les envois des pensionnaires de l’Académie de France.

Il peut sembler paradoxal que ce soit à Rome même que Tony Garnier ait conçu ce projet théorique qui devait être le creuset de ses idées et de ses réalisations pionnières en matière d’architecture et d’urbanisme. La phrase provocatrice qui accompagnait son premier envoi à Paris exprime une rupture apparemment radicale : « Ainsi que toutes les architectures reposant sur des principes faux, l’architecture antique fut une erreur. La vérité seule est belle ». Il reste à définir à quelle Antiquité se référait Tony Garnier et à quelle vérité il aspirait. Il est probable que l’architecture antique qu’il rejetait était celle des relevés que les pensionnaires réalisaient depuis la fondation de l’Académie. En revanche, si l’on considère le soin apporté aux relevés et aux restitutions graphiques des ruines de Tusculum, l’étude des villes antiques rencontrait son adhésion. Par ailleurs, la notion même d’architecture antique avait beaucoup évolué dans la seconde moitié du XIXe siècle, embrassant une culture méditerranéenne plus étendue géographiquement et chronologiquement. Quant à la « vérité », si l’on examine ce que propose l’ouvrage Une Cité industrielle tel qu’il est finalement publié en 1918, elle consiste à construire, avec des moyens économiques, une cité qui prend en compte la modernité industrielle pour la concilier avec l’harmonie sociale et le bien-être des habitants.

En quoi le séjour romain a-t-il déterminé cette orientation nouvelle, et jusqu’à quel point ? Est-ce l’étude des villes antiques, grecques ou romaines – qu’il initie avec ses relevés et ses restitutions de Tusculum –, qui ouvre la voie des travaux modernes précédemment cités ? Tony Garnier a-t-il pu rencontrer des figures importantes de l’architecture du tournant du siècle ? S’est-il appuyé sur des modèles qui circulaient à Rome lors de son séjour ?

Afin de restituer le contexte dans lequel Tony Garnier a élaboré son projet de Cité industrielle, trois axes sont privilégiés :

- Rome et l’Italie
Le premier consiste à explorer le contexte de la production romaine et italienne autour de 1900. Tony Garnier a certainement pu rencontrer des architectes italiens et s’inspirer de leurs idées. L’urbanisation du quartier de Testaccio et ses nouveaux abattoirs, ont pu constituer des modèles pour penser les équipements de la future Cité industrielle. Plus généralement, la culture architecturale et urbaine de la génération de Camillo Boito et de ses élèves a-t-elle pu intéresser l’architecte lyonnais ? Tony Garnier a-t-il eu des relations avec des membres de l’Associazione artistica tra i cultori di architettura créée en 1890 ? Gustavo Giovannoni est actif à Rome dès la fin des années 1890 et, dans les premières années du XXe siècle, il élabore progressivement les conceptions urbaines qui donneront naissance au nouveau plan régulateur de Rome en 1909.

- L’Académie de France à Rome : acteurs et sociabilité
Le deuxième axe concerne la Villa Médicis elle-même. Les sociabilités entre pensionnaires, les intérêts partagés pour des questions politiques et sociales doivent être étudiés plus précisément. Il est avéré que Tony Garnier a côtoyé d’autres pensionnaires qui comptent dans l’histoire de la naissance de l’urbanisme : Henri Prost (pensionnaire de 1902 à 1906) et Léon Jaussely (de 1903 à 1907). Suit également Ernest Hébrard, Prix de Rome en 1904, qui dessine la Capitale mondiale de l’Humanité avec Hendrik Andersen et Olivia Cushing Andersen. Toutefois, le projet de la Cité industrielle proprement dit précède leurs arrivées. Il s’agit donc de préciser le rôle qu’a joué Tony Garnier dans ce contexte favorable.

- Réseaux internationaux
Enfin, le dernier axe propose de considérer le milieu international romain et les idées qui y circulaient. Quels architectes européens Tony Garnier a-t-il pu rencontrer lors de son séjour à la Villa Médicis ? Charles Buls, par exemple, est à Rome en 1900 et 1901. Peter Behrens y séjourne à l’été 1903. Une enquête approfondie est nécessaire pour dresser un inventaire des architectes et des urbanistes dont les idées ont pu contribuer à la rencontre des cultures architecturales et urbaines à Rome au début du XXe siècle et ainsi mieux comprendre comment Tony Garnier a pu non seulement s’en inspirer mais les transfigurer.

Les propositions de communication, de 2500 signes environ, sont à adresser à l’adresse suivante : laurent.baridonuniv-lyon2.fr. La durée des communications sera de 20 minutes.
Date limite d’envoi : le 1er mai 2026 ; réponse le 1er juin 2026.

Comité scientifique :
Laurent Baridon, université Lumière Lyon 2, LARHRA UMR 5190, Institut Tony Garnier
Antonio Brucculeri, École nationale supérieure d'architecture Paris-Val de Seine, chercheur au laboratoire EVCAU
Julie Cattant, LAURe, École nationale supérieure d’architecture de Lyon (ENSAL), Institut Tony Garnier
Philippe Dufieux, LAURe, ENSAL, membre du conseil scientifique de l’Institut Tony Garnier
Alessandro Gallicchio, Académie de France à Rome - Villa Médicis, Sorbonne Université.
Jean-Philippe Garric, université Paris 1- Panthéon
Pierre Gras, LAURe, ENSAL, Institut Tony Garnier
Gilbert Richaud, université Lumière Lyon 2, LARHRA UMR 5190, Institut Tony Garnier

Avec le concours de l’École nationale supérieure d’architecture de Lyon.

Journée d’études internationale.
Académie de France à Rome - Villa Médicis
19 novembre 2026

Reference:
CFP: Tony Garnier à la Villa Médicis (Rome, 19 Nov 26). In: ArtHist.net, Feb 9, 2026 (accessed Feb 10, 2026), <https://arthist.net/archive/51705>.

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