CFP Jan 14, 2026

Joaquin Ferrer : transculturations artistiques (Paris, 12 Oct 26)

Maison de l’Amérique latine, 217 bd Saint-Germain, 75007 Paris, Oct 12, 2026
Deadline: Apr 15, 2026

Elodie Vaudry

Institutions organisatrices : Centre allemand d’histoire de l’art (DFK Paris), Sorbonne Université, Maison de l’Amérique latine.
Organisation : Julia Drost, Olivier Belin, Anne Husson, Elodie Vaudry.

En 1940, l’anthropologue cubain Fernando Ortiz publiait son ouvrage Contrapunto cubano del tabaco y el azucar dans lequel il analyse la « transculturation » de l’identité des Cubains au regard de l’Afrique.
Cette journée d’étude propose de tisser le fil de cette transculturation cubaine sous le prisme de l’artiste peintre Joaquin Ferrer. Né à Cuba en 1928, il décide de rejoindre la France en 1959 où il sera naturalisé en 1979. Son exil et la nostalgie de son île ont traversé, avec des degrés variés, une partie de sa production ; il croquait ses souvenirs cubains, notamment ses échanges avec Wifredo Lam et cultivait, à Paris, ses amitiés concitoyennes avec les artistes Agustin Cardenas et Jorge Camacho. Tout au long de sa carrière, le peintre développait un réseau transdisciplinaire avec des poètes comme Alain Bosquet, Lionel Ray, Henri Michaux ou encore Claude Esteban, avec des artistes surréalistes comme Miró, Max Ernst ou encore l’inclassable Roberto Matta. Ses toiles ont été exposées au musée d’art moderne de Paris, à la Galerie du Dragon, mais aussi au Point Cardinal, à la galerie de Seine, à la Galleria Continua ou encore à la galerie Albert Loeb pour ne citer que des exemples parisiens. Ses œuvres voyagent en Allemagne, en Italie, au Danemark, en Belgique, en Suisse, aux États-Unis et bien évidemment en Amérique latine. Son atelier, sa collection et sa bibliothèque se font le reflet de ce dialogue avec des cultures extra-européennes et vernaculaires, dans un univers peuplé d’objets africains, asiatiques, latino-américains ou encore du folklore français.
Se réunir autour de l’étude de l’œuvre et de la figure de Joaquin Ferrer revient donc à étudier un réseau de marchands, de commissaires, d’intellectuels, d’écrivains et d’artistes sur la scène artistique européenne, pendant plus de 60 ans. Nombre de personnalités de la sphère de Joaquin Ferrer restent encore peu connues des spécialistes alors même qu’elles pourraient nourrir les travaux en sciences humaines, dans une perspective plus large. L’« identité-rhizome » de Joaquin Ferrer nous conduit, justement par ces connexions horizontales, sur la trame ortizienne de la transculturation ; elle nous invite prendre de la hauteur pour interroger plus largement la place des artistes latino-américains dans le discours artistique et littéraire de l’Europe, voire même questionner les notions de modernité, d’art contemporain européen et d’hybridité comme processus de réarticulation des cultures sous la triple focale transatlantique : Amérique latine, Afrique, Europe.

Cette journée d’étude se veut transdisciplinaire, internationale et ouverte aux questionnements qui traversent les sciences humaines, notamment par l’intégration de plus en plus profonde des cultures latino-américaines et africaines. Les propositions des interventions pourront, sans que ce soit exhaustif, traiter de ces axes :
- Joaquin Ferrer, sa vie et son oeuvre
- Les liens entre Joaquin Ferrer et la littérature : collaborations, réception, échanges
- Ses œuvres sur le marché de l’art international
- Les acteurs et médiateurs au cours de sa carrière (galeristes, commissaires, intellectuels, artistes, etc.)
- Le surréalisme et l’Amérique latine
- Les objets collectionnés d’artiste
- L’exil comme discours plastique
- Le questionnement de concepts artistiques européens impropres en Amérique latine et inversement ?

Cette journée d’étude va de pair avec l’exposition qui aura lieu à l’espace Lympia à Nice en 2027.

Modalité de soumission
Cette journée d’étude s’adresse aux chercheurs de toutes les disciplines des sciences humaines, aux artistes et jeunes chercheurs, doctorants et masterants.
Les personnes intéressées sont invitées à soumettre des propositions de communication (300 mots maximum ; en français, en anglais ou en espagnol) qui s’inscrivent dans l’un des axes proposés ou à en croiser plusieurs. Les approches transversales sont particulièrement encouragées.
Le fichier doit comporter : le titre de la communication, le nom et le prénom de l’auteur, l’affiliation et l’adresse email, le résumé, 05 mots clés, une courte biographie de l’auteur.e.
Nom du fichier : NOM. Prénom. Titre de la communication.
Les participant(e)s sont appelé(e)s à envoyer leur proposition aux adresses emails suivantes avec en objet “JOURNEE d’ETUDE J. FERRER :
- o.belinwanadoo.fr
- elodievaudrygmail.com
- jdrostdfk-paris.org

Date limite d’envoi des résumés : 15 avril 2026
Les propositions seront évaluées en mai.
Aucun frais d’inscription n’est exigé.
Les frais de transport et d’hébergement pourront être pris en charge totalement ou partiellement selon le nombre de participants.


Indications bibliographiques

Alain Bosquet, “Visite à Joaquín Ferrer”, Combat, 26 avril 1965 ; “Peinture pas morte”, Combat, 7 mai 1968 ; “Litanie pour une année défunte”, Combat, 3 janvier 1969 ; “Maîtrise de Joaquin Ferrer”, Combat, 24 mai 1971 ; “La pureté de Joaquin Ferrer”, Combat, 6 mars 1972 ; “Les folles architectures de Joaquin Ferrer”, Combat, 1er avril 1974 ; “Joaquin Ferrer, la pureté du dépassement”, Le Quotidien de Paris, 7 décembre 1989.
Claude Esteban, “L’espace assiégé”, Argile, n° VI, Maeght, Paris, 1975, repris dans Par-delà les figures. Écrits sur l'art, 1964-2006, Strasbourg, L’Atelier contemporain, coll. “Essais sur l'art”, 2024.
Serge Fauchereau, Juan Manuel Bonet, Alain Rouquié, Joaquin Ferrer, catalogue de l’exposition de la Maison de l’Amérique latine à Paris du 30 mai au 9 septembre 2017, Paris, éd. Hermann, 2017.
‘Hors des doctes ténèbres’ : Roberto Matta, Joaquin Ferrer, Jorge Camacho, José Luis Cuevas, Saul Kaminer, Pancho Quilici, sous la dir. de Serge Fauchereau, cat.exp., Galerie Thessa Herold, Paris, printemps 1999
Joaquin Ferrer : Axes: Peintures et gravures 1970-1971, Le Point Cardinal, Paris, 1971
Henri Michaux, Viseux, Joaquin Ferrer, Le Point Cardinal, Paris, 1972
Joaquin Ferrer : l'arbre voyageur, peintures récentes, Le Point Cardinal, Paris, 1977
Joaquin Ferrer et Tout est resté bleu, Le Salon d’Art – Epsilon Gallery, Bruxelles, 1992
Joaquin Ferrer : La capitale du vertige, Joaquín Ferrer ; Alain Bosquet, Epsilon Gallery, Bruxelles, 1988
Lionel Ray, Joaquin Ferrer. L’imaginaire absolu, Quimper, éd. Palantines, 2001.

Reference:
CFP: Joaquin Ferrer : transculturations artistiques (Paris, 12 Oct 26). In: ArtHist.net, Jan 14, 2026 (accessed Jan 15, 2026), <https://arthist.net/archive/51477>.

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