[French version below]
50th annual conference of the International Merleau-Ponty Circle: Bodies and Landscapes.
“If we can show that the flesh is an ultimate notion, that it is not the union or compound of two substances, but thinkable by itself, if there is a relation of the visible with itself that traverses me and constitutes me as a seer, this circle which I do not form, which forms me, this coiling over of the visible upon the visible, can traverse, animate other bodies as well as my own. And if I was able to understand how this wave arises within me, how the visible which is yonder is simultaneously my landscape, I can understand a fortiori that elsewhere it also closes over upon itself and that there are other landscapes besides my own.” (The Visible and the Invisible, 140-1)
The 2026 conference of the International Merleau-Ponty Circle is going to be special on several counts: first, it is the 50th edition of a collective endeavor that started back in 1976, and it’s going to take place in the very European city of Strasbourg, in English and French. The chosen topic is the relationship between bodies and landscapes, their chiasms, their solidarities, and their interdependencies.
In today’s society and culture, the question of orienting oneself is particularly relevant. The experience of feeling lost in time and / or space, of feeling disorientated, of lacking bonds with the places we inhabit, of seeking a sense of belonging, is more and more common. It is no wonder that many artists today emphasize situated practices, based on the premise that place is part of the essence of any artwork. Maybe place is indeed part of any subject’s identity, whether human, animal, or even non-living, and any subject is the subject of a landscape.
Acknowledging the link between a subject and his/her landscapes is also key to discerning the power relations between subjects: indeed, colonial domination always also implies crushing the landscapes of the submitted peoples, importing one’s own landscapes and imposing them upon the conquered territories, even preventing the colonized from having a landscape by keeping his/her back bent. Highlighting this link also helps us to better understand the situation of humans in the more-than-human world, in a constant exchange with other living beings, and earthly beings. The notion of landscape aims at the active dimension of the milieu and opens to the discernment of interdependencies.
Merleau-Ponty’s philosophical works offer fruitful avenues for reflection on life in context, on the correlation between the perceiving body and its surroundings, and the interdependence of subjects and their environments, as well as the tensions and conflicts between subjects who share the same territory, each in their own way. Among the questions raised are: what are the differences between a “natural” landscape and an urban or industrial landscape? What makes a place a landscape, and for whom? Is this landscape communicable, and in what ways does it risk “closing in on itself,” as Merleau-Ponty puts it? What concepts of belonging and rootedness emerge from this? How do different senses contribute to a coherent or dissonant landscape (visual, tactile, auditory, etc.)? Such questions arise in all fields of research and creation involving living subjects: not only the arts, but also life sciences and environmental sciences, social sciences, psychology, etc.
The conference will be hosted by the University of Strasbourg, and organized by S. Kristensen, B. Thomas and M. Labbé
from the research centers ACCRA (arts) and CREPhAC (philosophy). We expect the submission of completed papers (max. 3500 words), in English or French, and anonymized for blind review. Please submit to IMPCunistra.fr by May 1, 2026. As is custom, submissions on any aspect of Merleau-Ponty’s work, in addition to the conference theme, are also welcome. Decisions concerning the selection of participants will be sent out by the end of the month of May.
The conference features the M. C. Dillon prize and lecture, for the best graduate student paper submission, and the Ron Morstyn Memorial Prize and lecture, for an interdisciplinary or multidisciplinary paper written by a junior scholar, independent scholar, or graduate scholar. Graduate students with interdisciplinary papers may ask to have their paper considered for both the Morstyn and Dillon prizes. If you are eligible and wish to be considered for either or both prizes, please indicate this in the email with your submission.
Finally, this conference will be held primarily as an in-person event. If you wish to be considered for virtual participation because attending physically presents insurmountable accessibility issues (of whatever sort, including economic ones), please indicate so in your submission. We will do our best to accommodate such requests. You are also welcome to include any anticipated accessibility needs, which will greatly assist in planning.
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CORPS ET PAYSAGE(S)
«Si nous pouvons montrer que la chair est une notion dernière, qu’elle n’est pas union ou composé de deux substances, mais pensable par elle-même, s’il y a un rapport à lui-même du visible qui me traverse et me constitue en voyant, ce cercle que je ne fais pas, qui me fait, cet enroulement du visible sur le visible, peut traverser, animer d’autres corps aussi bien que le mien, et si j’ai pu comprendre comment en moi naît cette vague, comment le visible qui est là-bas est simultanément mon paysage, à plus forte raison puis-je comprendre qu’ailleurs aussi il se referme sur lui-même, et qu’il y ait d’autres paysages que le mien.» (Le visible et l’invisible, 183)
Le colloque 2026 du International Merleau-Ponty Circle sera spécial à plusieurs titres : il s’agit de la 50e édition d’une aventure collective qui a commencé en 1976, et il aura lieu à Strasbourg, en anglais et en français. La thématique choisie est celle du rapport entre les corps et les paysages, de leur chiasme, leur solidarité et leurs interdépendances.
Dans la société et la culture actuelles, la question de savoir comment s’orienter est particulièrement prégnante. L’expérience de se sentir perdu dans le temps et l’espace, de se sentir dépaysé, de manquer de liens avec les lieux que nous habitons, de chercher en vain un sentiment d’appartenance, est de plus en plus commune. Il n’est pas étonnant que de nombreux artistes aujourd’hui mettent l’accent sur des pratiques situées, qu’ils travaillent selon la conviction qu’une œuvre d’art, quel qu’en soit le medium, doit être lié à un lieu, selon la certitude que l’œuvre est à chaque fois différente selon le lieu où elle se trouve placée. On peut y discerner le soupçon que le lieu fait partie de l’identité d’un sujet, qu’il soit humain, animal ou non vivant, que tout sujet est forcément le sujet d’un paysage.
Le lien entre un sujet et ses paysages peut être aussi une clé pour discerner les rapports de domination entre sujets : en effet, la domination coloniale implique toujours d’écraser les paysages des peuples que l’on soumet et d’importer ses propres paysages et les superposer aux territoires conquis, et même d’interdire au colonisé de faire paysage, en le maintenant l’échine courbée. Le lien entre corps et paysage peut être une clé également pour resituer les humains dans le monde plus qu’humain, au voisinage et en échange constant avec les autres vivants et les êtres terrestres. La notion paysage vise en ce sens la dimension agissante du milieu et ouvre au discernement du régime des interdépendances.
L’œuvre philosophique de Maurice Merleau-Ponty offre des pistes de réflexion fécondes à propos de la vie en situation, de la corrélation entre le corps percevant et le paysage, ou encore de l’interdépendance des sujets et de leurs milieux, mais encore des tensions et conflits entre les sujets qui partagent un même territoire, chacun à sa façon. Parmi les questions suscitées : quelles différences entre un paysage « naturel » et un paysage urbain ou industriel ? Qu'est-ce qui fait d’un lieu un paysage et pour qui ? Ce paysage est-il communicable et sous quels rapports risque-t-il de « se renfermer sur lui-même » comme le dit Merleau-Ponty ? Quelles conceptions de l’appartenance et de l’enracinement se dessinent par là ? Comment les différents sens concourent à un paysage cohérent, ou dissonant (paysage visuel, tactile, sonore, etc.) ?
Ces questions se posent dans l’ensemble des champs de recherche et de création qui impliquent des sujets vivants : l’art dans tous les domaines, mais aussi les sciences de la vie et de l’environnement, les sciences sociales au voisinage des non-humains, la psychologie, les sciences sociales, parmi d’autres.
Le colloque, accueilli par l’Université de Strasbourg, est organisé par S. Kristensen, B. Thomas et M. Labbé, pour les unités de recherche ACCRA (arts) et CREPhAC (philosophie). Nous attendons la soumission de textes rédigés (max. 3500 mots) envoyés anonymisés pour l’évaluation à l’adresse <IMPCunistra.fr>, avant le 1.5.2026. Selon l’usage, toute proposition relative à la pensée de Merleau-Ponty, en plus de la thématique du colloque, est également la bienvenue. Les réponses concernant la sélection des participants sera envoyée avant la fin du mois de mai 2026.
Le colloque comprend le prix M. C. Dillon, qui récompense le meilleur article par un étudiant diplômé, ainsi que le prix en mémoire de Ron Morstyn, qui récompense un article inter- ou multidisciplinaire rédigé par un-e chercheur-euse sans poste fixe. Les étudiants diplômés ayant rédigé des articles interdisciplinaires peuvent demander que leur article soit pris en considération pour les deux prix en parallèle. Si vous souhaitez être pris en considération pour l'un ou l'autre de ces prix, ou les deux, veuillez l'indiquer dans votre message.
Enfin, le colloque aura lien en principe en présentiel. Pour être pris en compte en vue d’une participation à distance en raison de problèmes d’accessibilité insurmontables (y compris économiques), indiquez-le dans votre message de candidature. Nous vous invitons également à nous faire part à l’avance de tout besoin particulier en matière d’accessibilité.
Reference:
CFP: Bodies and Landscapes (Strasbourg, 8-10 Oct 26). In: ArtHist.net, Jan 17, 2026 (accessed Jan 21, 2026), <https://arthist.net/archive/51444>.