CFP: Anachronismes (Besançon, 19-20 Mar 20)

Centre de Recherches Interdisciplinaires et Transculturelles (CRIT), Université de Franche-Comté Musée du Temps, Besançon, March 19 - 20, 2020
Deadline: Oct 15, 2019

[Please scroll down for the english and german versions]

ANACHRONISMES
Colloque organisé par le Centre de Recherches Interdisciplinaires et Transculturelles (CRIT, EA 3224), Université de Franche-Comté
Musée du Temps, Besançon

Organisatrices
Anne Deffarges, Université de Franche-Comté, CRIT Hélène Valance, Université de Franche-Comté, CRIT

Comité scientifique
Sylvie Aprile, Université Paris Nanterre
Gil Bartholeyns, Université de Lille Laurence Dahan-Gaida, Université de Franche-Comté Rémi Labrusse, Université Paris Nanterre Laurence Reibel, Musée du Temps, Besançon Daniele Rivoletti, Université de Clermont Auvergne Marie-Jeanne Rossignol, Université Paris Diderot Steven Sarson, Université Lyon III Jean Moulin

APPEL A COMMUNICATIONS
A l’heure où la vérité historique, tournée en mystification complotiste ou soumise à la censure de nationalismes résurgents, est de plus en plus ouvertement menacée par le pouvoir politico- médiatique, il semble urgent d’interroger l’usage que nous faisons des retours plus ou moins imaginaires de l’histoire. Si l’on décrit souvent le 19ème siècle comme celui qui a vu se constituer l’histoire en tant que savoir, l’approche positiviste n’est pas, loin de là, la seule qu’aient pratiquée les historien.ne.s, penseur.se.s, artistes et écrivain.e.s de l’époque contemporaine. En marge d’une vision de l’« histoire » scientifique et rationnelle, se dessine en effet une représentation beaucoup moins disciplinée, beaucoup plus baroque du passé, marquée par la distorsion, la bifurcation, l’incohérence. Parmi ces aberrations, la figure de l’anachronisme semble particulièrement évocatrice. A première vue anecdotique et amusant, voire ridicule, les décalages de l’anachronisme ouvrent en réalité un vaste champ fertile de significations pour les chercheu.r.se.s de nombreuses disciplines.

L’anachronisme est souvent le premier indice d’une contrefaçon historique : il signale une réécriture parfois délibérée, parfois inconsciente mais qui est toujours le témoin de la projection du présent dans le passé à laquelle aucun.e historien.ne, même le.la plus consciencieux.se, ne semble pouvoir entièrement échapper. Il pose de manière incongrue la question de l’interprétation de l’histoire, des multiples relais entre passé et présent. Il affecte particulièrement le travail de traduction, comme on le voit avec les transpositions chrétiennes dans les traductions médiévales d’œuvres antiques, ou, plus récemment, dans l’introduction de termes médiévaux dans la version française de Game of Thrones, alors que le texte original de George R. R. Martin est écrit dans une langue très moderne. Pourtant, parce qu’il nous aide à nous identifier au passé et par là à mieux le comprendre, l’anachronisme n’est pas seulement une déviance, mais incarne plutôt une voie d’entrée particulière dans l’histoire.

En ce sens, il invite aussi à une réflexion épistémologique pour l’historien.ne, si bien que certain.e.s en arrivent à en faire l’éloge (Loraux). En questionnant cette forme de réécriture, on pourra analyser les dialogues de la littérature ou des arts visuels avec l’histoire, pour se demander notamment comment ils écrivent l’histoire, quelle histoire ils écrivent, et dans quel rapport aux travaux plus spécifiques, scientifiques, des historien.ne.s (Jablonka). L’institution de l’histoire comme discipline a en effet eu pour grand rival l’essor simultané du roman, qui s’est imposé comme un outil essentiel pour décrire les transformations rapides de la société (comment ne pas penser ici à la Comédie humaine de Balzac, grande fresque de la société en train de se constituer). Elle a coïncidé également avec la naissance de la photographie, dont François Brunet a démontré qu’elle constituait une véritable histoire, mais aussi une contre- histoire. Sans céder à la théorie du reflet, on peut considérer que la littérature et les arts visuels, bien qu’ils ne constituent peut-être pas des sources historiques à strictement parler, peuvent être appréhendés comme une ressource précieuse pour l’histoire.

L’anachronisme permet d’interroger les notions de fiction et de réalité historique, en explorant les richesses de leurs croisements : la manière dont Patrick Boucheron explore la « concordance des temps » et la narration historique est à ce titre exemplaire. On s’intéressera, dans cette perspective, au potentiel créatif de l’anachronisme (Lowenthal) à travers les appropriations du passé dans les arts visuels et la littérature. Il s’agira, comme le suggère Pierre Bayard, de s’affranchir d’une conception linéaire de l’histoire, pour envisager la coexistence – discordante ou au contraire symphonique – de temporalités multiples dans une même œuvre (Didi-Huberman, Karlhom et Moxey).

Qu’il soit intentionnel ou bien inconscient, fruit d’une manipulation pensée ou d’un aveuglement ignoré, l’anachronisme est avant tout une vision du monde, au présent comme au passé, qu’il convient d’examiner comme telle. On s’attachera à examiner les enjeux politiques de l’anachronisme. L’anachronisme est souvent un passé qui parle au présent : on peut penser, par exemple, au Philippe Le Bel des Rois maudits de Maurice Druon, peint sous les traits du Général de Gaulle. Mais il peut en même temps être lu comme une résistance, comme la persistance d’un temps qui refuse de « passer », et qui nous façonne autant que nous le refaçonnons. En instrumentalisant le fait historique, l'anachronisme peut tenter de contribuer à la construction historique ou vouloir asseoir un discours dominant. Les romans de Zola en offrent un exemple frappant. Tout en étant parmi les premiers à accueillir le monde moderne dans son œuvre, le romancier fait entrer les questions nouvelles dans des problématiques datées : les personnages ont les sentiments d’individus vivant les débuts de la Troisième République, mais se meuvent devant un fond théâtral du Second Empire. Lorsque, par ses anachronismes, Zola pose comme question cruciale du moment le choix entre République et Empire, il contribue, en reflétant l’effort des dirigeants républicains, à canaliser les forces sociales dans cette voie politique, à créer un public qui raisonne ainsi. Cette approche, qui à la parution des romans de Zola avait fait polémique, a fini par s’imposer, au point qu’un lectorat plus éloigné dans le temps peut croire que la problématique exposée par Zola était celle du moment. Plus qu’une simple ressource historique, ses romans ont en réalité participé à écrire l'histoire.

L’anachronisme peut, inversement, se jouer de la censure, et permettre l’émergence d’analogies révélatrices et d’une critique « en creux », dont le sens se développe justement dans l’écart entre la vérité historique et ses réinventions. Ainsi, sous l'Empire allemand, l'auteur dramatique Gerhart Hauptmann et l'artiste Käthe Kollwitz transposent l'agitation sociale contemporaine, présente à l'esprit de tous, dans la révolte des tisserands des années 1840. Le théâtre et le cinéma jouent souvent ainsi des effets d’anachronisme dans la mise en scène. Le film Transit de l'Allemand Christian Petzold (2018) reste absolument fidèle, dans son récit, à l'histoire, aux personnages, aux dialogues même du roman d'Anna Seghers (1944), mais les transpose radicalement dans le cadre, le mode de vie, la situation actuels. Comme dans le roman, l'action se déroule à Marseille, les policiers sont français, les réfugiés allemands, l'envahisseur qui menace également allemand. L'action ne se déroule pourtant pas en 1940, mais aujourd'hui. Par ce décalage, et sans qu'il y soit fait la moindre allusion, le sujet se déplace vers la situation des migrants qui tentent aujourd'hui de traverser la Méditerranée. L'intérêt du film est alors autant dans la réception que dans la production, tant l'objectif du metteur en scène est ouvertement de faire réfléchir les spectateur.trices. L’actualité de cet exemple pose aussi la question de sa pertinence future : si les circonstances viennent à changer, le film ne serait absolument plus compris de la même manière. Paradoxalement, l’anachronisme est à la fois à contretemps et fondamentalement de son temps (Agamben).

Convaincues que le thème de l’anachronisme peut, par sa nature même, ouvrir à des débats fructueux au-delà des frontières disciplinaires, nous espérons que cet appel suscitera l’intérêt de nos collègues dans des champs de recherche variés. Nous invitons les chercheur.se.s, quelles que soient leur discipline et leur aire géographique ou période de spécialité à soumettre leur proposition (une page maximum) avant le 15 octobre 2019 à Anne Deffarges et Hélène Valance :
anne.deffargesuniv-fcomte.fr
helene.valanceuniv-fcomte.fr

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ANACHRONISMS
International symposium
Centre de Recherches Interdisciplinaires et
Transculturelles (CRIT), Université de Franche-Comté Musée du Temps, Besançon

Organizers
Anne Deffarges, Université de Franche-Comté, CRIT Hélène Valance, Université de Franche-Comté, CRIT

Scientific committee
Sylvie Aprile, Université Paris Nanterre
Gil Bartholeyns, Université de Lille Laurence Dahan-Gaida, Université de Franche-Comté Rémi Labrusse, Université Paris Nanterre Laurence Reibel, Musée du Temps, Besançon Daniele Rivoletti, Université de Clermont Auvergne Marie-Jeanne Rossignol, Université Paris Diderot Steven Sarson, Université Lyon III Jean Moulin

CALL FOR PAPERS
Today, as historical truth is turned into mystification and conspiracy, censored by resurging nationalisms, and increasingly subject to open attacks from the political and media powers, it seems urgent to interrogate the way we imagine and reimagine history. The 19th century has often been described as the moment when history emerged as a scientific discipline, strongly marked by positivism. Yet modern and contemporary historians, thinkers, artists and writers have often pushed the limits of strict scientific approaches. Beyond a purely rational scientific method, they have developed a much less disciplined, somewhat baroque vision of the past, one that privileges distortions, divergences, incoherences. Anachronism appears as one of the most interesting of these forms of discrepancy. While at first sight anecdotal and amusing, if not ridiculous, the misalignments of anachronism open up a fertile field of significations for researchers in a wide range of disciplines.

Anachronism often betrays, first, historical forgery. It signals a sometimes deliberate, sometimes unconscious rewriting of history, always attesting to an inevitable projection of the present into the past. It jarringly questions historical interpretation and the multiple relays between past and present. It is a major issue in translation, as for instance with the introduction of Christian references in medieval translation of Ancient texts, or, more recently, in the introduction of medieval vocabulary in the French version of Game of Thrones, when the original text by Geore R. R. Martin was written in decidedly modern English.

Yet, because it helps to us identify with the past and thus to better understand it, anachronism is not just a deviance, but rather a byway into history. In that sense, it also invites historians to an epistemological inquiry, so much so that some actually praise its merits. Examining the rewritings of history through anachronism, this symposium will consider how literature and visual arts relate to history: how they write history, which history do they write, and how they situate themselves with regards to the specific, scientific work of historians. Just as history was developing into an academic discipline, a rival form, the novel, was imposing itself as a powerful tool to describe the rapid transformations of society (it is impossible not to think of Balzac’s Human Comedy, depicting the mutations of 19th century France). The rise of history also coincided with the birth of photography, which, as François Brunet has shown, became itself a form of history, if not counter-history. Literature and the visual arts, if not strictly speaking a historical source, can still provide great resources for historians.

Anachronism casts light on the issues of historical fiction and reality, exploring their productive intersections, as does for instance Patrice Boucheron’s exploration of “time concordance” and historical narration. In this perspective, this symposium will examine the creative potential of anachronism through the appropriations of the past in visual arts and literature. The aim is, to follow Pierre Bayard’s suggestion, to turn away from a linear conception of history, and to consider the coexistence – be it discordant or harmonious – of multiple temporalities within one work.

Whether it is intentional or unconscious, born from manipulation or self-deception, anachronism stems from a certain vision of the world: this symposium will focus on the political dimensions of anachronism. Anachronism is often a past talking in the present tense: in Maurice Druon’s Accursed Kings, for example, King Philip the Fair’s portrayal is derived from Druon’s contemporary Charles de Gaulle. Anachronism can be read as a persistence of the past, a reluctance to “be gone,” the presence of a past that shapes us as much as we reshape it. Instrumentalizing historical facts, anachronism contribute to the construction of a historical vision, or help affirm the dominant discourse on history. One of the first novelists of modernity, Emile Zola, thus embedded new perspectives in the description of older ones. His characters experience life as would individuals living in the 1870s and 1880s, but the backdrop to their story is the Second Empire. Focusing through his anachronisms on the crucial transition between Empire and Republic, Zola, helps canalizing social trends towards the republican regime. His approach, very controversial in his time, was eventually accepted as the prevailing view on his works, so much so that today’s readers can misconstrue the political atmosphere of the Empire. In this sense, Zola’s novels have actually participated in the construction of history.

Conversely, anachronism can be used as a way to counter censorship, and to bring forth revealing analogies, an implicit critique nested in the interstice between historical truth and its reinventions. Theater and cinema often play with anachronism to that effect: in Imperial Germany, playwright Gerhart Hauptmann and visual artist Käthe Kollwitz transposed the social unrest of their times into the Silesian weavers’ uprising of the 1840s. Christian Petzold’s movie Transit (2018) is absolutely faithful to the letter of Anna Seghers’s 1944 novel: as in the novel, the story takes place in Marseille, policemen are French, refugees are German, the threatening invader is also German. Yet the setting is that of today. The shift is never once mentioned in the film, but the viewer cannot see it without thinking of the migrants attempting to cross the Mediterranean today. This last example, because it is so engrained in our time, raises the question of its future relevance. What other reading(s) of the film could emerge in the future? Paradoxically, anachronism is both out of step with time, and fundamentally of its time.

We are convinced that anachronism is essentially a theme which can be visited from varied points of views and allows for a wide debate, we do hope this call for papers will be of interest to colleagues in various fields of research. We invite scholars across disciplines and specializations to submit their proposals (one page maximum) before October 15, 2019 to Anne Deffarges and Hélène Valance:
Anne.deffargesuniv-fcomte.fr
Helene.valanceuniv-fcomte.fr

Centre de Recherches Interdisciplinaires et Transculturelles (CRIT, EA 3224) Université de Franche-Comté
32 rue Mégevand
25000 Besançon

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ANACHRONISMEN
19.03.2020 - 20.03.2020

Veranstalter der Tagung: Université de Franche-Comté Ort: Musée du Temps, Besançon (Frankreich)

In der heutigen Zeit, in der die historische Wahrheit in Verschwörungstheorien verwandelt, von wiedererstarkenden Nationalismen zensiert und in wachsendem Maße von politischen und medialen Mächten offen angegriffen wird, scheint es uns akut darüber nachzudenken, wie wir Geschichte denken und wie wir sie neu interpretieren.

Wenn das 19. Jahrhundert oft als dasjenige beschrieben wird, in dem sich die Geschichte als Wissen konstituiert hat, so ist die positivistische Herangehensweise bei weitem nicht der einzige von den zeitgenössischen Historiker_innen, Denker_innen, Künstler_innen und Schriftsteller_innen gewählte Zugang. Am Rand einer wissenschaftlichen und rationalen Vorstellung der Geschichte zeichnet sich in der Tat eine viel weniger disziplinierte Repräsentation der Geschichte ab, geprägt von Distorsion, Verzweigung und Inkohärenz. Unter all diesen Abweichungen scheint die Figur des Anachronismus besonders vielversprechend. Auf den ersten Blick anekdotisch und amüsant, wenn nicht gar lächerlich, eröffnen die Diskrepanzen des Anachronismus ein weites und fruchtbares Feld an Bedeutungen für die Wissenschaftler_innen zahlreicher Disziplinen.

Der Anachronismus ist oft das erste Anzeichen einer historischen Fälschung. Er signalisiert eine Neubearbeitung der Geschichte, manchmal bewusst, manchmal unbewusst, aber in jedem Fall ein Zeugnis zeitgenössischer Projektionen auf die Vergangenheit, von denen sich kein Historiker und keine Historikerin – selbst die bewusstesten – vollkommen befreien zu können scheint.

Er wirft auf ungehörige Weise die Frage der Geschichtsinterpretation und der zahlreichen Verbindungen zwischen Vergangenheit und Gegenwart auf. Er spielt bei Übersetzungen eine gravierende Rolle, wie man es beispielsweise in den mittelalterlichen Übersetzungen antiker Werke feststellen kann, die mit christlichen Bezügen versehen sind – oder, um ein zeitgenössisches Beispiel zu wählen, in der Einführung mittelalterlicher Begriffe in die französische Fassung von Game of Thrones, während das Original von George R. R. Martin in sehr moderner Sprache geschrieben ist. Da der Anachronismus uns jedoch hilft, uns mit der Vergangenheit zu identifizieren und sie auf diese Weise besser zu verstehen, ist er nicht nur eine Abweichung, sondern eröffnet eher einen besonderen Zugang zur Geschichte. In diesem Sinn lädt er auch die Historiker_innen zu einer epistemologischen Reflexion ein, weshalb einige von ihnen den Anachronismus loben (Loraux). In dieser Form der Neubearbeitung der Geschichte können die Dialoge der Literatur und der bildenden Kunst mit der Geschichte analysiert werden, um dabei insbesondere der Frage nachzugehen, wie sie Geschichte schreiben, welche Geschichte sie schreiben und in welchem Verhältnis sie zu den eher spezifischen, wissenschaftlichen Arbeiten der Historiker_innen stehen (Jablonka).

In der Tat hat die Etablierung der Geschichte als wissenschaftliche Disziplin als großen Rivalen den zeitgleichen Aufschwung des Romans, der sich als essentielles Werkzeug durchgesetzt hat, um die schnellen Verwandlungen der Gesellschaft zu beschreiben (man denke hier an die Comédie humaine von Balzac, diese große Freske der sich gerade herausbildenden Gesellschaft). Es ist zeitgleich die Geburtsstunde der Fotografie, von der François Brunet aufgezeigt hat, dass sie eine wahrhafte Geschichte darstellt, aber auch eine Gegen-Geschichte. Ohne der Theorie der Widerspiegelung zu folgen, kann man die Literatur und die bildenden Künste als wertvolle Quelle für die Geschichtswissenschaft betrachten, auch wenn sie vielleicht keine historischen Quellen im engeren Sinne darstellen.

Der Anachronismus ermöglicht es, die gängige Vorstellung von Fiktion und historischer Wirklichkeit in Frage zu stellen, indem man die Vielfalt ihrer Begegnungen und Kreuzungen erforscht. Beispielhaft ist hierfür die Art und Weise, in der Patrick Boucheron die „Konkordanz der Zeiten“ und der historischen Narration erforscht.

Auch das kreative Potenzial des Anachronismus (Lowenthal), das die Aneignung der Vergangenheit in der bildenden Kunst und der Literatur freisetzt, ist von Interesse. Es wird, wie Pierre Bayard vorschlägt, darum gehen, sich von der Vorstellung einer linearen Konzeption der Geschichte freizumachen und die – diskordante oder im Gegenteil sinfonische – Koexistenz mehrerer Zeitstrukturen in ein und demselben Werk zuzulassen (Didi- Huberman, Karlhom und Moxey).

Ob der Anachronismus absichtlich oder unabsichtlich erfolgt, ob er die Frucht einer bewussten Manipulation oder unbewusster Verblendung ist, er ist vor allem eine Sichtweise auf die Welt, auf die Welt der Gegenwart wie die der Vergangenheit, die es als solche zu untersuchen gilt. Das Kolloquium will auch die politischen Fragen beleuchten, die der Anachronismus aufwirft. Der Anachronismus ist oft eine Vergangenheit, die in der Gegenwart spricht – denken wir an Philippe Le Bel aus den Rois maudits (Maurice Druon), der in den Zügen des General de Gaulles dargestellt wird. Aber er kann auch als eine Form des Widerstands gelesen werden, als Fortdauern einer Zeit, die sich weigert zu vergehen und die uns ebenso formt wie wir sie umformen. Mit der Instrumentalisierung historischer Fakten kann der Anachronismus versuchen, zur historischen Konstruktion beizutragen oder einen herrschenden Diskurs zu festigen. Zolas Romane sind hierfür ein frappierendes Beispiel. Er war einer der ersten Romanschreiber, der die moderne Welt in sein Werk aufnahm. Gleichzeitig jedoch bringt er die neuen Fragen mit überholten Problemstellungen in Verbindung: die Figuren haben Persönlichkeiten und Gefühle, die für den Beginn der Dritten Republik typisch sind, bewegen sich jedoch im Zweiten Kaiserreich. Zola stellt mit Hilfe seiner Anachronismen die Frage, die erst in der Zeit seines Schreibens entscheidend war: die Wahl zwischen Republik und Kaiserreich. Er trägt auf diese Weise zu den Bemühungen der republikanischen Anführer bei, die sozialen Kräfte in solche politischen Bahnen zu kanalisieren und eine Öffentlichkeit zu schaffen, die so überlegt. Diese Herangehensweise, die beim Erscheinen von Zolas Romanen zu heftigen Polemiken führte, hat sich letztlich durchgesetzt und zwar so vollkommen, dass ein Leser der heutigen Zeit glauben kann, dass die von Zola dargestellten Problemstellungen zeitgenössischer Natur sind. Zola ist so nicht nur historische Quelle. Seine Romane haben in Wahrheit zur Geschichtsschreibung und -darstellung beigetragen.

Umgekehrt kann der Anachronismus auch als Mittel genutzt werden, die Zensur zu umgehen und so aufschlussreiche Analogien und eine indirekte Kritik hervorzubringen, deren Sinngehalt eben in dem Abstand zwischen der historischen Wahrheit und ihrer Neugestaltung zu finden ist. So übertragen etwa der Dramatiker Gerhart Hauptmann und die Künstlerin Käthe Kollwitz die zeitgenössische soziale Agitation des Kaiserreichs, die allen präsent ist, auf den Aufstand der Schlesischen Weber 1844.
Theater und Kino nutzen oft anachronistische Effekte bei ihrer Inszenierung. Der Film Transit von Christian Petzold (2018) bleibt in Erzählung, Personen und Dialogen seiner Vorlage (dem Roman von Anna Seghers, 1944) absolut treu. Doch er transponiert ihn radikal in die heutige Zeit und Lebensweise. Wie in dem Roman spielt die Handlung in Marseille, die Polizisten sind Franzosen, die Flüchtlinge Deutsche, der drohende Angreifer ebenfalls deutsch. Die Handlung spielt aber nicht im Jahr 1940, sondern heute. Ohne eine einzige Anspielung zu machen, verschiebt diese Diskrepanz das Thema des Films hin zur Lage der Migrant_innen, die heute versuchen, das Mittelmeer zu überqueren. Das Interesse des Films liegt daher ebenso in seiner Rezeption wie in seiner Produktion, so offensichtlich ist das Ziel des Regisseurs, die Zuschauer_innen zum Nachdenken anzuregen. Die Aktualität dieses Beispiels stellt auch die Frage seiner zukünftigen Relevanz: Wenn die Bedingungen sich änderten, würde der Film auf völlig andere Weise verstanden werden. Paradoxerweise ist der Anachronismus einerseits unzeitgemäß und andererseits im Grunde ein Produkt seiner Zeit (Agamben).

Überzeugt, dass das Thema des Anachronismus über die Disziplinen hinweg fruchtbare Diskussionen eröffnen kann, hoffen wir, dass dieses Call for Papers für Kolleg_innen in sehr unterschiedlichen Forschungsgebieten von Interesse ist. Wir laden die Forscher_nnnen der verschiedensten Disziplinen, Spezialgebiete und Länder ein, ihr Abstract (max. 1 Seite) bis zum 15. Oktober 2019 auf Deutsch, Englisch oder Französisch an Anne Deffarges und Hélène Valance:
anne.deffargesuniv-fcomte.fr
helene.valanceuniv-fcomte.fr

Das Kolloquium findet am 19.-20. März 2020 in Besançon (Frankreich) statt.

Kontakt
Anne Deffarges & Hélène Valance
Centre de Recherches Interdisciplinaires et Transculturelles (CRIT, EA 3224) Université de Bourgogne - Franche-Comté
32 rue Mégevand
F - 25000 Besançon

Reference:
CFP: Anachronismes (Besançon, 19-20 Mar 20). In: ArtHist.net, Jul 9, 2019 (accessed Jul 21, 2019), <https://arthist.net/archive/21270>.

Contributor: Anne Deffarges

Contribution published: Jul 9, 2019

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