ANN Sep 21, 2011

Séminaire - Le tableau vivant ou l’image performée (INHA 2011-2012)

INHA, Paris, Oct 11, 2011

Léonard Pouy

Séminaire INHA 2011-2012
Le tableau vivant ou l’image performée : sources, méthodes, enjeux

Communément définie comme un arrangement de personnes vivantes reproduisant une composition artistique, que ce soit une peinture, une sculpture, une estampe ou une scène littéraire, la pratique du « tableau vivant » aurait, selon les récits admis, connu son apogée dans les salons privés du début du XIXe siècle avant de déchoir en simple divertissement populaire. Cette vision du tableau vivant a contribué a concentrer son étude autour de 1800, a occulter ses origines plus anciennes, ainsi qu’a négliger ses évolutions ultérieures et son apport a l’histoire de l’art. Partant de ce constat, ce séminaire vise a examiner le tableau vivant et ses genres connexes dans la durée, ainsi qu’a saisir la manière dont ils franchissent les frontières esthétiques et sociales et questionnent les définitions traditionnelles de l’art.
Pratique variée et sans cesse réactivée, des anciennes entrées royales au cinéma et a l’art contemporain, elle interroge la relation entre mimesis et représentation, la capacité de l’art a véhiculer des affects et des idéaux, ainsi que les statuts d’auteur et de spectateur.
L’étude des tableaux vivants permet de réfléchir sur le caractère reproductible et la diffusion des œuvres d’art, sur l’apparition du terme dans la critique, sur les effets de réel et de présence, ou encore sur les relations entre image et performativité.

11/10/2011, de 17 à 19h, salle Benjamin : Le tableau vivant dans les entrées royales, de l’époque médiévale à la Renaissance.

- Hélène VISENTIN (Smith College de Northampton, MA) : Formes et fonctions des tableaux vivants au sein du dispositif scénographique de l’entrée royale (1515-1615).

Diplômée de l’Université de Paris-Sorbonne, Hélène Visentin est Associate Professor au Smith College de Northampton (Massachusetts, USA) depuis 1999. Elle est l’auteur de plusieurs articles sur l’histoire et l’esthétique des arts du spectacle aux XVIe et XVIIe siècles, ainsi que de deux éditions critiques de pièces de théâtre (La Descente d’Orphée aux enfers de Chapoton, Presses Universitaires de Rennes, 2004 et Les Sosies, [in] Théâtre complet 8 de Jean de Rotrou, Société des Textes Français Modernes, 2005). Dans le cadre du Groupe de Recherche sur les Entrées Solennelles (GRES) dont elle fait partie, elle a co-organisé un colloque sur les entrées royales à la Renaissance dont les actes French Ceremonials Entries in the Sixteenth Century. Event, Image, Text ont été publiés (Center for Reformation and Renaissance Studies, 2007). Elle a également co-dirigé l’ouvrage L’Invraisemblance du Pouvoir. Mises en scène de la souveraineté au XVIIe siècle en France (Presses de l’Université de Paris-Sorbonne/Schena Editore, 2005). Elle travaille actuellement à l’édition du Corpus des entrées solennelles sous les règnes d’Henri II et de François II avec Benoît Bolduc et à un projet de cartographie numérique sur la ville de Paris.

- Stijn BUSSELS (Université de Groningue) : Théâtralité, interaction et tableaux vivants dans les joyeuses entrées.

Stijn Bussels est Maître de conférences en histoire du théâtre à l’Université de Groningue. Portant sur la Joyeuse Entrée anversoise de Charles Quint et son fils Philippe en 1549 et rédigée dans le cadre d’un doctorat à l’Université de Gand, sa thèse paraîtra au printemps 2012 chez Rodopi (Amsterdam-New York). Stijn Bussels a notamment travaillé en tant que chercheur postdoctoral pour l’Université de Leyde sur le projet « Art, Agency and Living Presence Response » sous la direction de Caroline van Eck. Toujours en collaboration avec cette dernière, il a récemment rédigé un numéro spécial d’Art History (2010) consacré à la théâtralité dans les arts modernes. Le phénomène des tableaux vivants occupe une place importante dans ses recherches, par ses nombreux liens avec deux domaines qui l’intéressent tout particulièrement, à savoir l’interaction entre le théâtre, la peinture et la sculpture et l’effet sociopolitique des arts visuels.

- Fabienne JOUBERT (Université de Paris-Sorbonne) : Répondante.

Anciennement conservatrice, puis chef d’établissement du Musée de Cluny, Fabienne Joubert est Professeur d’Histoire de l’art du Moyen Âge à l’Université de Paris-Sorbonne. Auteur et directrice de nombreux ouvrages, elle s’est plusieurs fois intéressée à l’occasion d’articles à la question du tableau vivant :
« Les peintres du Vœu du faisan », Le Banquet du Faisan, 1454: l’Occident face au défi de l’Empire Ottoman, M.-T. Caron et D. Clauzel éd., Artois Presses Université, 1997, p. 187-200 ;
« Le mariage de Charles le Téméraire et Marguerite d’York et ses implications artistiques », actes du colloque international de Berne, Art et transferts culturels au temps de Charles le Téméraire, juillet 2008, sous presse ;
« Les tableaux vivants et l’Église », Le théâtre de l’Église (XIIe – XVIe siècles), Journée d’études organisée par Marie Bouhaïk-Gironès, dans le cycle « Les nouveaux horizons de l’ecclésiologie » proposé par Dominique Iogna-Prat, Paris, 19 mars 2010 ; article en ligne http://lamop.univ-paris1.fr/IMG/pdf/FJoubert.pdf .

Reference:
ANN: Séminaire - Le tableau vivant ou l’image performée (INHA 2011-2012). In: ArtHist.net, Sep 21, 2011 (accessed Jan 18, 2022), <https://arthist.net/archive/1886>.

^